Du réabonnement à la fidélisation

Les congressistes se sont penchés cet après-midi sur la fidélisation de leurs clients, en commençant par le réabonnement.

IMG_4226

Entrer une légende

« On privilégie la fidélisation, parce que recruter coûte trois fois plus cher que  fidéliser ». Philippe Saül, consultant chez Idées à la Carte, anime l’atelier Du réabonnement à la fidélisation aux côtés de Franck Van Heeghe et Jean-Charles Leyris. Respectivement responsable de la diffusion de Nord Littoral et directeur marketing au Crédit Agricole de la Loire.

La fidélisation d’aujourd’hui selon les intervenants ? Connaître au maximum ses clients en les charmant sur les réseaux sociaux via différents outils. Pour mener à bien sa stratégie, « il faut savoir organiser son portefeuille » précise Philippe Saül. Et aussi utiliser les bonnes techniques pour appâter les abonnés et engendrer leur réabonnement. « Il est possible d’utiliser des techniques de réabonnement plus ou moins vicieuse » plaisante le consultant. « Vous pouvez utiliser des ressorts dramatiques, tel que l’échéance. Cela se fait beaucoup aux Etats-Unis. Ou bien les cadeaux. Le Nouvel Obs en est spécialiste ! Le premier mois où le client se réabonne, ils offrent une tablette, la fois d’après une cafetière, celle d’après des stylos et à la fin ils offrent un livre de Jean Daniel parce qu’ils estiment que vous êtes des clients fidèles » s’exclame Philippe Saül, devant les rires des congressistes.

Avant de conclure l’atelier, les techniques de fidélisation les plus utilisées aux Etats-Unis sont présentées aux congressistes : l’extension (doubler la mise), l’accusé de réception en ligne, ou encore la rétention à froid « une technique, certes, vicieuse » d’après Philippe Saül. Elle consiste à proposer, lorsqu’un abonné souhaite se désabonner, le journal lui demande de confirmer cela par écrit avant de le rappeler. Une technique qui vise le découragement du lecteur à propos de sa décision.

Avec un peu de retard, l’atelier se termine sur une appréciation positive de Vincent Gérard, directeur de publication de Oise Hebdo.  « Cet atelier était très bien construit, sans blabla avec des informations très dense. Bien sûr en ce qui me concerne, je n’envisage pas forcément de mettre tout,es ces techniques en place ».

Victoria Pace

Publicités

Alexandre Jardin : « Vous êtes les seuls médias à voir les faizeux ! »

Alexandre Jardin s’est engagé vendredi dernier, en clôture du 43e congrès du SPHR, à organiser un trophée des « faizeux » en région. Selon lui, la PHR est la seule presse capable de rendre public leur engagement citoyen. Le défi est lancé aux 234 rédactions locales.

alexandre Jardin congres SPHR

En 2015, le mouvement « Bleu Blanc Zèbre » voit le jour. Il prône l’engagement citoyen et un système horizontal.

Vincent David Alexandre Jardin congres SPHR

Alexandre Jardin interpelle Vincent David : « Nous, on fait des trucs qui ressemblent à vos articles. »

bruno Hocquart alexandre Jardin congres SPHR

L’auteur croit en une renaissance par les territoires : le monde de la PHR semble convaincu.

Arzhêliz Diard et Laurence Pollet

Philippe Delavaud part à la retraite

Vendredi 27 mai, le directeur de publication de la société d’édition de presse locale (SEPL) du groupe Sud-Ouest, est parti à la retraite. L’homme de 59 ans a toujours pris beaucoup de plaisir à travailler avec de nombreux journalistes toujours investis dans leur carrière.

PHILIPPE DELAVAUD et ANNE CAZAUBON

Ce vendredi 27 mai, Philippe Delavaud a passé la main à Anne Cazaubon.

Manager une équipe ? Un métier et une passion. « J’ai toujours apprécié diriger une entreprise. » Avant de faire carrière dans la presse, Philippe Delavaud a eu des responsabilités au sein d’une maison de retraite et d’une boîte de sous-traitance de France-Télécom… Il est ensuite devenu directeur de publication à La Dépêche du Bassin en 1996. L’année suivante, il est désigné éditeur du journal.

En 2007, il prend le contrôle des hebdomadaires régionaux du groupe Sud-Ouest : il possède six titres dont L’Hebdo de Charente-Maritime, finalement cédé en 2013 à l’éditeur indépendant de L’Angérien Libre, Haute-Saintonge et Le Journal du Médoc, vendus en 2016, Le Résistant, La Dépêche du Bassin et Haute-Gironde.

Le directeur de publication ne retient aucun moment difficile : « La presse était une aventure extraordinaire de travail avec des gens pleinement investis dans leur métier et leur journal. » Une anecdote  ? « En 1996, quand j’ai lancé La Dépêche du Bassin, je ne connaissais rien au monde de la presse. Ce qui est drôle, c’est que les 6-7 personnes avec qui je travaillais ne savaient pas grand-chose non plus du journalisme. On a tous appris sur le tas et on a eu des projets très intéressants. »

« Le numérique ? On n’a pas le droit de ne pas y penser »

Le contexte économique de la presse reste difficile selon lui « mais la PHR est en mesure de relever le défi grâce à sa capacité de réaction face à tous problèmes. L’hyper proximité est également un atout qu’il ne faut pas négliger. La mutation vers le numérique semble prendre. On sait très bien qu’on n’a toujours pas la solution pour répondre au contexte économique de la presse. Le numérique ? On n’a pas le droit de ne pas y penser. Même si c’est modeste, il faut y être. »

Aujourd’hui, Philippe Delavaud n’a plus besoin de s’inquiéter pour son avenir. Il prend une retraite méritée. Il va pouvoir profiter plus de sa famille : « Dans la presse, il est vrai qu’on ne compte pas ses heures. » En projets, il envisage de rejoindre la Corse : « Je suis un passionné de vin et je réfléchis à m’installer ailleurs et pourquoi ne pas produire quelques cèpes de vignes en Corse, une région que j’apprécie. »

Davy DELMOTTE

Anne Cazaubon succède à Philippe Delavaud

Philippe Delavaud a passé la main à Anne Cazaubon, rédactrice en chef du journal Le Résistant à Libourne depuis 16 ans. Elle connaît bien la maison. « Je suis entrée au Résistant à l’âge de 23 ans (1992) par un contrat de qualification de deux ans. Deux ans plus tard, je suis titularisée. » La journaliste a ensuite franchi les petites portes. « J’ai effectué une formation à Paris puis au journal de Libourne. J’aurai bien aimé faire celle de la licence professionnelle PHR mais elle n’existait pas encore. En 1997, je deviens rédactrice en chef adjointe du Résistant. »

Anne Cazaubon constate que la PHR a une place importance dans le monde de la presse : « En tout cas, le groupe Sud-Ouest n’a pas la volonté de se séparer de ses hebdomadaires. » Confiante, la lauréate du prix Varenne des jeunes journalistes s’occupera d’une équipe de dix journalistes : « La tâche que m’a donnée Philippe Delavaud, que je connais depuis dix ans, ne s’annonce pas facile. Mais je suis confiante, c’est un beau challenge. »

Davy DELMOTTE

Annonces légales et judiciaires : un volte-face bienvenu

Au 43e congrès du SPHR, le président Vincent David a annoncé une excellente nouvelle aux éditeurs de presse. Le Sénat a voté ce jeudi en faveur d’un retour en arrière sur l’obligation de publication des ventes de fonds de commerce dans les journaux d’annonces légales et judiciaires. Attention, le combat n’est pas terminé.

IMG_1786

Vincent David se montre prudent.

« La PHR a perdu près de trois millions d’euros de chiffre d’affaires sur les annonces légales et judiciares depuis août 2015. » Vincent David et tous les éditeurs de presse sont toujours très remontés contre la loi Macron. Depuis le 6 août 2015, un article met fin à l’obligation de publication des cessions de fonds de commerce dans un journal habilité d’annonces légales et judiciaires. On se souvient que le gouvernement avait eu recours au 49.3 pour faire passer le texte. Ce qui n’a pas plu du tout au SPHR.

Très vite, le syndicat a lancé une contre-offensive. Vincent David est intervenu auprès des parlementaires et du gouvernement : « On nous a répondu : « Ne vous inquiétez pas, tout va s’arranger. » Au sortir de l’été, on s’est mis en branle et on a mené un lobbying. C’était une bêtise et Monsieur Macron le reconnaissait également. Il fallait revenir en arrière. Sauf qu’on ne pouvait plus revenir sur cette loi. »

Le groupe socialiste et républicain a créé un texte il y a plusieurs mois, voté ce jeudi au Sénat : la loi Bloche. Dans cet ensemble « visant à renforcer la liberté, l’indépendance et le pluralisme des médias », il y a un article, le 11 ter, crucial pour tous les éditeurs de presse. Il indique que les cessions de commerce seront de nouveau publiées dans les journaux d’annonces légales. Mais il y a encore des étapes à respecter avant de revenir en arrière. Sous une dizaine de jours, le texte de loi va passer en commission mixte paritaire. « Nous sommes relativement optimistes mais il peut y avoir un risque. »

Davy DELMOTTE

Les bons plans de la PHR

Le 43e congrès du SPHR s’achève sur l’atelier des bons plans de la presse hebdomadaire régionale, animé par David Guévart.

david guévart bon plan.JPG

David Guévart, chef d’orchestre de l’atelier bons plans de la PHR.

« La PHR est en difficulté, mais il faut avoir la foi ». David Guévart, le directeur de publication du groupe Nord Littoral rassure ses camarades de la PHR. Plusieurs d’entre eux ont partagé leurs bons plans pour créer du profit, tous plus originaux les uns que les autres.

Les hors-séries

Anne Deval, L’impartial : « On travaille sur les 40 ans de notre journal. On a développé un numéro économique collector, qui a généré un chiffre d’affaire de 23000 euros. Ce genre d’opération fonctionne bien, il ne faut pas hésiter à recommencer. Quand le papier est beau, le succès est au rendez-vous ! ».

Alain Veyret, Eco des Pays de Savoie : « Nous avons réalisé un numéro spécial économique. On y trouve une compilation de tout ce qu’on peut trouver comme chiffres économique sur le département ».

Les événements

Julie Deal, Le Courrier Cauchois : « Nous organisons depuis 17 ans le Podium du Courrier Cauchois. C’est une tournée de concerts entre neuf et dix villes. Depuis peu on investit dans des castings, des scènes et des chanteurs. L’événement est devenu incontournable dans le coin ! C’est une grosse machine mais c’est rentable. Le jeu en vaut la chandelle ! »

L’Orne Hebdo : « Une course à pied est organisée la veille des journées du patrimoine. Les coureurs peuvent parcourir les bâtiments. Ils sont plus nombreux chaque année, on tourne autour de 1200 participants ».

Pierre Serre, La Gazette de Montpellier : « Le meilleur endroit pour créer du lien, c’est le bistrot. Nous avons créer la Gazette Café. On y trouve une scène, un restaurant, une salle de réunion, une salle de lecture de presse ».

Le digital est aussi un outil précieux pour se renouveler, le Journal d’Ici en a déjà fait l’expérience. Les voyages ne sont pas non plus à bannir, comme a pu le prouver les séjours organisés par Nord Littoral.

Victoria Pace

Internet : pour faire grimper son audience, la PHR doit réutiliser ses archives

Donner une seconde vie à ses archives grâce à son site internet. Aujourd’hui, de nombreuses rédactions de PHR le font. Le résultat : des articles qui font sensation et une fréquentation qui grimpe.

atelier archive numérique

 

Lors du congrès du SPHR, Maëlle Fouquenet, responsable numérique de l’ESJ Pro, animait un atelier sur la réutilisation des archives sur le web. Une façon, pour les rédactions, de faire vivre leurs sites internet, d’attirer de nouveaux lecteurs.

Pour Gaël Arcuset, rédacteur en chef de L’Echo de l’Armor et l’Argoat, « il faut réutiliser les archives le plus souvent possible, surtout pour les petites rédactions. » Remettre les articles anciens dans le fil d’actualité permet de remplir les temps morts sur internet, comme lors des bouclages print.

Maëlle Fouquenet cite le titre breton en exemple : les journalistes ont ressorti des faits divers insolites pour présenter la sortie de la dixième saison d’X Files. Histoire d’OVNI, poulets à six pattes, « on a dressé un top 10 de toutes les affaires que Mulder et Scully pouvaient résoudre. L’article, sorti deux jours avant la diffusion des épisodes sur M6, a créé un gros trafic sur lechodelargoat.fr. Sur les réseaux sociaux, aussi, l’impact a été important. »

Louis RUYANT

 

 

 

 

 

Bruno Aufrère : de Nouméa à Rodez, l’itinéraire d’un ancien de la filière PHR

Bruno Aufrère Progrès Saint-Affrique

Ancien de la filière PHR de l’ESJ Lille (première promotion), et co-éditeur du Progrès Saint-Affricain en Aveyron, Bruno Aufrère chérit son territoire mais a parfois préféré l’exil.

Sudiste débarqué dans le Nord pour se former au journalisme entre 1995 et 1996, il ne rechigne pas à quitter le continent à la fin de sa formation.

Je suis d’une famille d’éditeurs

« Déjà, pour quelqu’un du Sud, c’était quelque chose de venir vivre à Lille, même si j’ai adoré l’ambiance !, plaisante-t-il.

« Aussitôt après, j’ai retrouvé le soleil. Je suis parti travailler un an en Nouvelle Calédonie, en presse quotidienne régionale. Je portais la double casquette de rédacteur et de secrétaire de rédaction, cela m’a beaucoup plu. Quel bonheur de travailler au beau milieu d’un des plus beaux lagons du monde ! »

Après son départ pour la métropole, Bruno Aufrère rentre au pays pour reprendre le flambeau du Progrès à Saint-Affrique, et devient co-éditeur avec son frère Eric. « Je suis d’une famille d’éditeurs de père en fils, propriétaire du Progrès Saint-Affricain depuis 1938, date à laquelle mon grand-père a acquis le titre. C’est un journal qui est né en 1910, bien implanté dans le territoire. » 

En 2010, les deux frères Aufrère lancent Le Ruthénois, un hebdomadaire local à Rodez. Ils mettent la clé sous la porte en décembre 2015, faute de lectorat. « On s’est démené pendant six ans pour amener ce journal à la rentabilité, mais cela n’a pas suffi, même s’il s’était fait un nom et avait bonne presse dans un territoire vide de PHR« .

A l’heure actuelle, l’éditeur de 41 ans ne souhaite plus créer de médias, mais espère « faire tenir le Progrès Saint-Affricain le plus longtemps possible ».

Lucy CHARPIE